René Bugeaud dit René Villlelot : poète à Glénic

René Bugeaud dit René Villlelot

Né en 1903, René Bugeaud, ancien militaire qui plus tard prendra comme nom d’écrivain René Villelot voit son destin basculer en 1946 le jour de l’ouverture de la chasse. Ce jour-là, un malencontreux accident le prive de la vue. Réfugié à jamais dans les ténèbres, c’est désormais par l’écriture poétique qu’il portera son regard sur le monde qui l’entoure en particulier ces paysages, traditions et coutumes de la Creuse qu’il aimait tant. Certains d’entre nous se souviennent de lui et du bruit de ses sabots qui lui permettait de se repérer, lorsqu’il allait chez « Dudule » à côté du viaduc faire les courses, chercher le lait à Villelot ou encore promener sa petite fille Josette. Pour que l’écriture lui soit plus facile, son fils Jean, lui avait confectionné un ingénieux guide ligne, tandis que Josette l’aidait dans sa rédaction en lui relisant ses textes, les corrigeant et les dactylographiant. Plusieurs de ses textes ont été publiés dans la revue : « Nous, pour vous ! », ainsi qu’un recueil de poésies : « Souvenirs et clapotis des bords de Creuse. » que vous pouvez consulter à la mairie. C’est avec beaucoup d’humilité et de talent qu’il y consigne ses souvenirs et pensées dans un langage simple mais très émouvant. Témoin de notre histoire, amoureux des paysages et de la nature, René Bugeaud s’est éteint en 1981 nous laissant une œuvre poétique très personnelle et typique de notre commune.

« C’est sans illusion ni prétention que j’ai écrit ces poèmes, mais à la recherche d’occupations et distractions, afin de meubler cette nuit sans fin dans laquelle je me débats. »  René Bugeaud, Bonnavaud, 1979.

 PoèmeLa Creuse par René Bugeaud  (Souvenirs et clapotis des bords de Creuse, 1979)

SOUVENIRS D’UNE RIVIERE

Chargée de souvenirs des plus charmants,

Cette rivière qui baigna ma vie

Avec ses clapotis et bruissements,

Doucement, vient bercer ma nostalgie.

Je vois toujours dans cette nuit sans fin,

Ses méandres profonds, ses frais ombrages,

Sa riante vallée, ses vieux moulins,

Et ses rochers dans des gorges sauvages.

Je vois encore au fond de l’onde claire,

Sur un tapis de sable et de galets,

La loche avec le goujon son compère,

Leurs Majestés la truite et le brochet.

C’est le pêcheur attentif au bouchon,

Le martin-pêcheur avec les culs-blancs

Et le ruisseau, ce petit vagabond,

Qui, tout joyeux, dévale en cascadant.

Je vois les roseaux et campanules,

Les conferves aux chevelures enneigées

Et le gracieux ballet des libellules,

Dans le décor d’une nature enchantée.

Et c’est aussi le concert des oiseaux ;

Délicieuse cacophonie naturelle

Qui accompagne ce ravissant plateau,

Dans lequel évoluent ces demoiselles.

Mais, lorsque arrive la saison des blés d’or,

Que la canicule sévit sans merci,

Comme dans un beau conte, la rivière s’endort,

Attendant son prince charmant, la pluie.

Tandis que pour les plaisirs du moment,

En retenues, les baignades font fureur.

Retiré sous les ombrages bienfaisants

Et malgré une apparente torpeur

J’écoute le bruissement des peupliers,

Frissonnant sous une brise légère,

Une berceuse qui invite à rêver

Là, sur les bords d’une charmante rivière.

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